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Périscolaire, TAP : découvrez notre dossier spécial !

Tout le monde a encore en mémoire le fiasco de la rentrée scolaire 2014 et la désorganisation catastrophiques des Temps d’Activités Périscolaires par la ville de Marseille. Alors que certaines villes ont, dès 2013, réussi à mettre en place ces nouveaux rythmes scolaires, deux ans n’ont pas suffit à la deuxième ville de France pour organiser une demi-journée d’activités périscolaires par semaine.

Depuis de nombreuses années, les élus socialistes dénoncent l’abandon des écoles par la majorité, dont la mise en place des TAP en a été le symbole. Dès novembre 2014, nous avons demandé comme le prévoit la loi la mise en place d’une commission spéciale chargée de faire toute la lumière sur cette situation dont ont souffert de trop nombreux enfants et leurs parents.

A l’occasion de la fin des travaux de cette commission, retrouvez les grandes lignes des conclusions du groupe socialiste.

La réforme des rythmes scolaires, pourquoi faire ?

Des temps scolaires mieux répartis, pour moins de fatigue
 [infogram id= »jours_de_classe_par_an » prefix= »R84″ format= »interactive » title= »Jours de classe par an »] En 2008, Xavier Darcos avait mis en place sans concertation la semaine de 4 jours. Fatigue des enfants, concentration des heures d’enseignement, moindre qualité d’apprentissage : beaucoup de voix se sont élevées pour dénoncer les conséquences de la baisse du nombre de jours de classe par an. En répartissant la journée sur 5 jours, et en passant à 180 jours d’écoles par année scolaire, on améliore sensiblement la journée de l’enfant. Mieux, avec une cinquième matinée d’enseignement, on augmente les temps où l’apprentissage est optimal, où la concentration est la plus grande.
Pour pratiquer des activités extra-scolaires
avant la réforme, seulement 20% des enfants avaient accès à une activité périscolaire. Or, c’est aussi en pratiquant des activités sportives, culturelles ou artistiques, que les enfants développent leur curiosité intellectuelle et renforcent leur plaisir d’aller à l’école. Cette réorganisation des temps scolaires a fortement incité les communes retardataires, comme Marseille, à enfin penser leurs temps périscolaires et à les mettre en cohérence au travers d’un Projet Educatif Territorial, le PEDT. Enfin, les communes ont pu choisir, après concertation, l’organisation des temps scolaires et périscolaire de la semaine, sans pouvoir déroger au principe de 5 matinées d’enseignement.

Pourquoi ça n’a pas marché à Marseille ?

La catastrophique mise en place à Marseille

Par dogmatisme et impréparation, la majorité municipale a consacré plus de temps et plus d’énergie à combattre cette réforme, ou à se trouver des excuses pour ne pas l’appliquer, qu’à respecter les lois de la République. Elle avait pourtant près de deux ans pour préparer la rentrée 2014 !

Impréparation, absence de concertation, choix incohérent de l’emploi du temps : l’année 2014/2015 a été inévitablement un désastre pour les enfants, leurs parents et pour toute la communauté éducative.

Aurions-nous fait mieux ?

Nous avions proposé dès 2014 d’étaler ces temps d’activité périscolaire sur deux demi-journées par semaine, différentes d’un arrondissement à l’autre d’un même secteur, afin de mutualiser les équipes d’animateurs et de réduire ainsi la quantité d’animateurs à recruter, et par la même occasion d’augmenter leur qualification et leur temps de travail. Avec plus de préparation, de concertation, et des choix de bon sens, il était possible d’assurer normalement ces temps d’activité périscolaires.

Notre proposition n’a finalement été reprise qu’en 2015.

Désintox sur le cout de cette réforme.

Beaucoup de chiffres ont été annoncés par la Ville de Marseille, essentiellement pour justifier une augmentation très importante des impôts. Entre 20 et 25 millions d’euros, selon les déclarations.

Comment arriver à un tel chiffre ? C’est simple, ajoutez des dépenses qui n’ont rien à y faire, et oubliez de parler des recettes…

Côté dépenses on rajoute...

C’est un véritable inventaire à la Prévert : temps récréatif de restauration, personnel déjà en place, un million d’euros de chauffage (pour un vendredi après-midi…), des agents de surveillance inter-classes. Il ne manque plus que le salaire du Directeur Général des Services pour venir gonfler la facture.

En réalité, les marchés coûtent 11,5 millions d’euros, les vacataires 1,4 millions d’euros, le recrutement statutaire 1 million, auquel on veut bien rajouter 600 milles euros de fluide, et 400 de « fonctionnement ». En réalité, si la Mairie de Marseille avait eu une véritable politique d’éducation populaire, elle aurait déjà des animateurs, des associations développés, des marchés en cours… une structure à laquelle il suffisait de rajouter quelques heures d’activités périscolaires par semaine.

Coût « brut » : 15 millions d’euros.

... côtés recettes on enlève.

La Mairie annonce que cette réforme représente une charge financière de 25 millions d’euros… oubliant de comptabiliser les 6,7 millions d’euros versés par l’Etat au titre de ces mêmes rythmes scolaires ! 90€ par enfant, auquel aurait pu s’ajouter des aides de la Caisse d’Allocation Familiale si Marseille n’était pas la dernière grande ville Française à ne pas avoir de projet éducatif. Ce sont donc entre 2 et 3 millions d’euros perdus pour l’éducation des enfants, à cause du désintérêt de la Mairie pour l’éducation.

Coût réel : 8,3 millions d’euros !

Qui croire ?

Puisque vous n’êtes pas obligés de croire les élus socialistes, voici ci-dessous un coût net par élève de différentes communes Françaises.

[infogram id= »cout_tap_marseille » prefix= »GQA » format= »interactive » title= »cout-tap-marseille »]

Au-delà des chiffres, un périscolaire au rabais.

Une fréquentation très faible...
 Selon une étude l’AMF, plus de la moitié des communes ont une fréquentation supérieure à 85%. A Marseille, c’est à peine 40% des élèves inscrits à l’école qui fréquentent les TAP ! C’est le signe que la qualité n’est pas au rendez-vous, que l’offre proposée par la Mairie ne convient pas plus aux enfants qu’à leurs parents.
... révélateur d'une mauvaise qualité des TAP
 Une enquête menée par la MPE 13 montre la profonde inadéquation entre les activités souhaitées par les parents et leurs enfants et celles qui sont proposées. Sur 380 familles sondées, moins de 20% se déclarent satisfaites des activités proposées !

La mise en place tardive (et obligatoire) d’un PeDT (projet éducatif territorial) devait permettre une meilleure concertation entre tous les acteurs de la communauté éducative. Mais l’élaboration de ce projet s’est déroulée dans des conditions très insatisfaisantes, dénoncées par tous les acteurs (absence de concertation réelle, délais trop courts…)

Nos propositions

Un nouveau projet éducatif, concerté et ambitieux

Les élus socialistes demandent à la ville de Marseille de réunir au plus tôt les acteurs du champ de l’éducation et de la jeunesse afin d’élaborer un réel Projet Educatif Territorial. Un nouveau Pedt, c’est une nouvelle dynamique pour le périscolaire à Marseille. Dans ce Pedt nous exigeons :

  • Une évaluation qualitative de l’existant et des besoins des enfants et de leurs parents.
  • Une réelle concertation : parents d’élèves, enseignants, inspection académique, personnels municipaux, et notamment les services culture, associations ou sport, les associations locales et de l’éducation populaire, mais également personnalités qualifiées du monde de l’enfance : la concertation doit être large pour construire un outil efficace et partagé.
  • Un travail exhaustif : Des intentions éducatives aux modes d’organisation, de l’emploi et de la formation des animateurs à l’accueil des enfants en situation de handicap, des sorties scolaires à la future gouvernance de ce PEDT, notamment au niveau local : aucun champ de l’action périscolaire et de l’éducation populaire ne doit être oublié.
  • Des attendus pédagogiques exigeants. Pour les élus socialistes, l’éducation populaire doit être au cœur de ce projet pédagogique. Les différentes activités proposées doivent faire émerger de grandes valeurs comme la solidarité, la fraternité, l’éducation à l’environnement, le respect. Marseille doit également pouvoir offrir à ses enfants la possibilité de s’ouvrir à la Méditerranée, son espace historique et géographique exceptionnel. Enfin, l’école doit être un lieu de mixité et d’apprentissage du vivre ensemble et le projet pédagogique doit se donner pour ambition de casser la ghettoïsation dont souffre notre ville, en incitant notamment les échanges entre les écoles de différents quartiers.

Une nouvelle offre périscolaire

Sur la base du nouveau projet éducatif, nous demandons la mise en place d’un nouvel appel d’offre pour un nouveau périscolaire à Marseille. Pour plus de cohérence et de continuité dans les temps de l’enfant, cette nouvelle offre périscolaire inclura les temps périscolaires du matin et du soir (garderies), le temps méridien, les TAP mais également les mercredis et les petites vacances scolaires. Il sera demandé au prestataire de maitriser le projet pédagogique de la commune et d’en proposer une déclinaison, en concertation régulière avec les parents. Côté pratique, il faudra faire évoluer ce service :

  • Les garderies deviendront des accueils périscolaires du matin et du soir. Ces temps là aussi peuvent être propices à des activités ludiques et à un contenu pédagogique.
  • Les horaires de ces accueils périscolaires du matin et du soir seront élargies, pour permettre aux parents de pouvoir concilier vie professionnelle et vie de famille.
  • Les règles d’inscription des enfants au périscolaire seront simplifiées. Nous avions dénoncé le choix de la majorité d’exclure d’un service public les enfants des demandeurs d’emploi, désormais il suffira d’être inscrit à l’école pour pouvoir s’inscrire au périscolaire. Idem pour les règles de fréquentation et d’absence qui seront assouplies.
  • Les tarifs seront revus. Plus de 1450€ par an et par enfant pour la « garderie » et la cantine, c’est très cher, et surtout terriblement injuste. Quant à la prétendue gratuité, elle ne bénéficie qu’à 1% des enfants de Marseille quand 28% grandissent sous le seuil de pauvreté. Nous proposons une tarification en fonction des revenus, avec à minima une dizaine de tranches comme dans toutes les grandes villes.
  • Un effort sera fait sur les écoles situées en Zone d’Education Prioritaires pour favoriser la réussite de ces enfants qui sont loin de tout. Par exemple, si on prévoit une sortie par trimestre pour les petits Marseillais, pourquoi ne pas en instaurer une par mois en ZEP ?

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