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Conseil Municipal spécial emploi – intervention de Stéphane Mari

Malgré nos demandes, ce Conseil Municipal s’est tenu à huis-clos, sans rediffusion vidéo, sans presse ni public. Nous vous proposons donc de découvrir les discours des élus.

 

Monsieur le maire, mes chers collègues,

Ces dernières années de nombreux secteurs d’activité ont subi de plein fouet la crise économique tels la construction, les transports ou le commerce de gros. D’autres se sont développés comme l’action sociale, les activités de services telles que la sécurité ou le nettoyage, l’hébergement, la restauration, les activités spécialisées et techniques ou les activités portuaires.

Certaines filières ont affiché une dynamique à l’instar de l’aéronautique, le numérique, le tourisme, les biotechnologies.

Les grands projets à l’échelle métropolitaine tels que Picto, The Camp, Henri Fabre seront avec d’autres projets des sources de croissance dans les années à venir.

Permettez- moi parmi toutes ces filières porteuses de croissance d’aborder celle de l’économie numérique.
L’économie numérique, c’est les télécoms, les éditeurs de logiciels, les sociétés de service, les sociétés qui fabriquent du contenu multimédia, c’est aussi la microélectronique

L’économe numérique représente à l’échelle métropolitaine 40 000 salariés, 8,4 milliards d’euros, 7000 entreprises, (pour mémoire le BTP 39 000 salariés et le Port 43000)
La croissance de ce secteur est de 13% par an (20% si on enlève la microélectronique)

Le gouvernement socialiste que vous accablez tous les jours de tous les maux a créé le label French Tech ; ce label ne permet aucune source de financement mais a permis à des entreprises qui grandissent très rapidement de se rassembler et d’échanger dans le but de créer de véritables synergies et on peut dire aujourd’hui que ce label a été en ce sens une vraie réussite.

Les enjeux de la filière du numérique sont la création de 40 000 emplois à échéance 3 à 5 ans (je rappelle qu’à ce jour nous avons un déficit de 60 000 emplois par rapport au taux d’emploi des métropoles de Lyon, Lille, Bordeaux et Toulouse)

Marseille avec l’ilot Allar et le concept de « Smart City » s’est positionnée sur le thème de la ville du futur : le marché de la « Smart City » est un des grand enjeux de demain et est évalué à 17 000 milliards d’euros en 2022.

Sur les 40 000 emplois pouvant être crées sur la métropole, tous les experts s’accordent à dire qu’au moins 1/3 ne nécessite pas de grosses qualifications, notamment au niveau des développeurs.

Je vous rappelle que dans certains arrondissements de Marseille (3ème, 14ème ou 15ème), près de 40 % de jeunes sortent du système scolaire sans aucun diplôme

Tout l’enjeu est de permettre de connecter cette jeunesse qui n’a certes pas de diplôme mais qui est à l’aise dans l’utilisation des smartphones, tablettes ou tout autre objet numérique, surement plus que certains éminents membres de notre assemblée, n’est ce pas Monsieur le maire ?

Il y a une expérience menée depuis 2 ans par l’école centrale de Marseille appelée SimplonMars, qui est une formation courte et intensive vers les métiers du numérique ouverte aux jeunes issus des quartiers prioritaires de la métropole Aix-Marseille. Une vingtaine de jeunes sans diplômes mais « dégourdis » dans l’utilisation des appareils numériques est formée afin d’intégrer des petites ou grandes entreprises de la filière du numérique.

Ce projet constitue un triple défi :
• Économique : répondre aux besoins de recrutement des entreprises du numérique engagées dans cette démarche citoyenne ;
• Social : en agissant, en partenariat avec Pôle Emploi, sur l’emploi et la qualification de publics marginalisés sélectionnés uniquement sur la base de critères sociaux et de leur motivation, et non selon les diplômes ;
• Académique : en réalisant l’hybridation entre des parcours d’insertion et le monde de l’enseignement supérieur sélectif.

Il faut passer à la vitesse supérieure en s’inspirant du projet SimplonMars ou du modèle de l’école 42 mis en place à Paris par Xavier Niel : il serait frustrant et insoutenable que la jeunesse marseillaise reste au bout de la route de cette croissance numérique programmée.

Nous sommes tous d’accord pour créer une 2ème école de la 2ème chance à Marseille : pourquoi ne pas la spécialiser dans le domaine du numérique ?

La ville de Marseille doit être le catalyseur de la mise en place de formations liées à l’économie du numérique pour des milliers de jeunes marseillais.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous avons en face de nous un continent qui est appelé à dépasser les 2 milliards d’habitants et qui constitue le réservoir de la croissance mondiale de ces 30 prochaines années.

Marseille a tissé au fil des siècles des liens historiques avec l’Afrique. Ayons l’ambition de mettre en œuvre à Marseille un salon international Euro-Méditerranéen lié à l’économie numérique, un équivalent du CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas avec comme ambition d’exporter sur le continent africain le savoir-faire des entreprises de notre aire métropolitaine regroupées sous le label French Tech.

En conclusion Monsieur le maire, mes chers collègues, osons la bataille du numérique sur Marseille et sur son aire métropolitaine, ne loupons pas cette fois le train, nous en avons trop loupé depuis 20 ans.

Merci pour votre attention.

Stéphane MARI

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